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Libérez Khalida Jarrar et toutes les prisonnières palestiniennes (Video)

mercredi 15 avril 2020

Ci-dessous le portrait de Khalida Jarrar, parlementaire palestinienne de gauche et militante féministe emprisonnée à plusieurs reprises par l’occupant israélien, et emblématique des femmes sur lesquelles s’acharne le régime Israélien.


Exprimons notre soutien aux prisonniers politiques palestiniens, y compris en France, dans cette période de "confinement" à géométrie variable !

Le 17 avril sera la journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques, et le réseau SAMIDOUN nous envoie ces informations et cette brève vidéo sur cette résistante remarquable qu’est Khalida Jarrar.

Khalida Jarrar lors d’une de ses sorties des geôles de l’occupant israélien

Enlevée par les forces d’occupation le 31 octobre 2019, lorsque plus de 70 soldats israéliens armés ont envahi son domicile, cette dirigeante politique et défenseure des droits des Palestiniens de renommée internationale est accusée de « faire partie d’une organisation interdite », en l’occurrence le Front populaire de libération de Palestine (FPLP), interdits par Israel comme tous les principaux partis politiques palestiniens.
Défenseure de la liberté des prisonniers palestiniens, elle a été vice-présidente et directrice de l’association Addameer. Membre du Conseil législatif palestinien, elle a été élue au sein du Bloc de gauche Abu Ali Mustafa, associé au FPLP.

Khalida Jarrar a été arrêtée à nouveau huit mois après sa libération, et après 20 mois de "détention administrative" - emprisonnement sans inculpation ni jugement.
Lors de chacun de ses emprisonnements, elle s’investit dans l’éducation de ses compatriotes emprisonnées avec elle, en particulier les mineures se préparant pour leurs examens de lycée et auxquelles est refusé tout enseignant. Elle organise également des cours sur le droit international et les droits humains pour ses codétenues.
En 2014, elle a résisté - et vaincu - à une tentative israélienne de la déplacer de force de son domicile familial de el-Bireh à Jéricho. Seulement neuf mois plus tard, en avril 2015, elle a été enlevée par les forces d’occupation israéliennes et condamnée à une détention "administrative", emprisonnement sans inculpation ni jugement. Après un tollé mondial, elle a été traduite devant les tribunaux militaires israéliens et a fait face à 12 accusations sur la base de son activité politique, allant de discours à des événements en soutien aux prisonniers palestiniens. Elle a purgé 15 mois dans une prison israélienne - avant d’être arrêtée à nouveau 13 mois plus tard en 2017, s alors qu’elle se préparait à enseigner à l’Université de BirZeit sur le droit international et le mouvement palestinien.

Plus de 275 organisations ont signé un appel international pour sa libération.

- Extraits de la préface de Khalida Jarrar au dernier livre de Ramzy Baroud : "Ces chaînes seront brisées : Histoires palestiniennes de lutte et de défi dans les prisons israéliennes". (Source :The Palestine Chronicle)

L’ère de la liberté palestinienne viendra

La prison n’est pas seulement un endroit fait de hauts murs, de barbelés et de petites cellules étouffantes avec de lourdes portes en fer. Ce n’est pas seulement un endroit qui est défini par le bruit de cliquetis du métal ; en effet, le crissement ou le claquement du métal est le son le plus courant que vous entendrez dans les prisons, à chaque fois que de lourdes portes sont fermées, lorsque des lits ou des armoires lourds sont déplacés, lorsque les menottes sont verrouillées ou desserrées. Même les bosta - les véhicules notoires qui transportent les détenus d’un établissement pénitentiaire à l’autre - sont des bêtes en métal, leur intérieur, leur extérieur, même leurs portes et leurs manilles intégrées.

Non, la prison est plus que tout cela. Ce sont aussi des histoires de vraies personnes, des souffrances quotidiennes et des luttes contre les gardiens de prison et l’administration. La prison est une position morale qui doit être prise quotidiennement et ne peut jamais être mise de côté.

La prison, ce sont des camarades - des sœurs et des frères qui, avec le temps, se rapprochent de vous plus que de votre propre famille. C’est l’agonie courante, la douleur, la tristesse et, malgré tout, la joie parfois.

En prison, nous défions ensemble le gardien de prison abusif, avec la même volonté et la même détermination à le vaincre pour qu’il ne nous brise pas. Cette lutte est sans fin et se manifeste sous toutes les formes possibles, du simple fait de refuser nos repas, à nous confiner dans nos chambres, aux efforts les plus physiques et physiologiques de tous les efforts -, la grève de la faim ouverte. Ce ne sont là que quelques-uns des outils que les prisonniers palestiniens utilisent pour se battre et gagner leurs droits fondamentaux et pour préserver une partie de leur dignité.

La prison est l’art d’explorer les possibilités ; c’est une école qui vous apprend à résoudre les défis quotidiens en utilisant les moyens les plus simples et les plus créatifs, que ce soit la préparation des aliments, la réparation de vieux vêtements ou la recherche d’un terrain d’entente afin que nous puissions tous supporter et survivre ensemble.

En prison, nous devons prendre conscience du temps, car si nous ne le faisons pas, il restera immobile. Ainsi, nous faisons tout notre possible pour lutter contre la routine, pour saisir toutes les occasions de célébrer et de commémorer chaque occasion importante de notre vie, personnelle ou collective.

Par Khalida Jarrar

Merci faire circuler un maximum !

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