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Racisme israélien : la discrimination entre citoyens, y compris vis a vis du coronavirus

mardi 14 avril 2020

Le racisme israélien n’a pas de raison de disparaître pendant l’épidémie de coronavirus. Cela n’en rend pas moins choquants les exemples de discriminations entre citoyens israéliens, en fonction de leur religion, en cette période !


Ainsi, Israël a infligé des amendes à des imams pour avoir organisé des prières tout en permettant aux synagogues de continuer leurs services sans interruption. Les Mikvahs - bains rituels juifs - sont restés ouverts jusqu’à la fin du mois de mars et les yeshivas (écoles religieuses juives) ont continué à fonctionner longtemps après la fermeture.

Quant aux tests de dépistage, ils sont essentiellement réservés aux Juifs, 4000 Palestiniens ayant été dépistés au total à la date du 2 avril contre le même nombre chaque jour, en ce qui concerne les Juifs !
Ce qui n’empêche pas le gouvernement Netanyahou de fustiger exclusivement les Palestiniens citoyens d’Israel, accusés de ne pas "suivre les règles", alors que les Israéliens testés positifs sont essentiellement issus de communautés juives religieuses.

Quant aux instructions sur la santé et la sécurité publiques, elles ont été fournies en hébreu et parfois en russe et en anglais, mais pas en arabe.

Par ailleurs, à l’exception des hôpitaux qui existaient avant 1948 et dans les villes à population mixte, il n’y a pas d’hôpitaux dans les villes palestiniennes - et en tout cas pas pas de structures en mesure de prendre en charge des patients atteints de coronavirus.

Au début de la crise, les écoles israéliennes ont fermé leurs portes et le ministère de l’Éducation a mis en place des émissions nationales en ligne afin que les élèves puissent apprendre de chez eux. Mais le plan n’a clairement pas pris en compte la population arabophone, explique le Dr Sharaf Hassan, qui dirige un comité qui évalue l’éducation arabe. "Or, environ un tiers des étudiants arabes ne disposent pas de la technologie nécessaire pour accéder aux cours. "

Selon Sharaf Hassan, environ la moitié des étudiants palestiniens en Israël ne participent pas à l’enseignement à distance et la moitié vivent en dessous du seuil de pauvreté. De plus, ajoute-t-il, toutes les familles n’ont pas accès à un ordinateur, encore moins à une électricité fiable ou à Internet.

La catastrophe pour les communautés bédouines dans le sud d’Israël

La situation est carrément catastrophique en ce qui concerne les villages non reconnus du Néguev, soit quelque 150 000 personnes vivant dans les 37 villages privés des services de base,

Depuis des décennies le gouvernement israélien refuse de leur accorder un statut juridique, et ces villages se voient refuser les services publics de base tels que l’eau, un système d’égouts ou la collecte des ordures. Ils se battent constamment pour résister aux démolitions de maisons et aux transferts forcés. Leur isolement relatif des centres urbains a contribué à maintenir la pandémie à distance pour le moment, mais les habitants craignent que le manque d’infrastructures provoque une épidémie massive une fois le virus arrivé.

Le village non reconnu d’Atir (Activestills.org)
« Nous vivons dans la peur et la panique », explique Aziz Abu Mdeghem, un résident de Al-Araqib. Nous n’avons aucun moyen de nous protéger contre le coronavirus. Nous ne pouvons pas stocker de nourriture, et il n’y a nulle part à proximité où nous pouvons nous laver les mains tout le temps, car il n’y a pas d’eau courante. »

Alors qu’Al-Araqib n’a absolument pas d’eau courante, d’autres villages non reconnus peuvent utiliser les points d’approvisionnement en eau isolés mis en place par la compagnie nationale des eaux d’Israël, que les villageois paient. Ces points d’accès peuvent être à des kilomètres des villages et ne fournissent pas suffisamment d’eau pour les communautés.

Les habitants ont peur de quitter le village pour acheter de la nourriture et craignent le jour où l’un de leurs voisins devra s’isoler - car le village n’est pas conçu pour permettre une telle distanciation.

Alatrash, le chef du conseil d’Al-Kasom, a signalé la même préoccupation au ministère de la Santé, leur demandant il y a plusieurs semaines la permission de transformer les écoles de son district en centres d’isolement. Il n’a toujours pas reçu de réponse.

Le manque d’infrastructures signifie également que même en temps normal, les ambulances ne peuvent pas atteindre les villages en raison de l’absence de routes pavées. On ne sait donc pas comment une assistance médicale pourrait arriver si des victimes de coronavirus nécessitent une évacuation urgente.

Et en ce qui concerne les conséquence économiques du confinement, elles se font également sentir sur ces Bédouins.
« Il y a des milliers de Bédouins qui sont des travailleurs temporaires gagnant 150-200 NIS (entre 40 et 50 euros) par jour dans l’agriculture, les restaurants, les hôtels et le lavage des voitures », explique Alatrash. "Ils n’ont pas droit au chômage, et si cette crise continue, ils auront besoin d’un soutien que nous ne pouvons pas leur fournir.”


« En bref, tout a été annulé, à l’exception des démolitions contre les Bédouins », conclut-il, en signalant que début avril les autorités israéliennes procédaient toujours à des démolitions de maisons et détruisaient des récoltes appartenant à des villages bédouins non reconnus.

Et les résidents ont noté que les autorités sont arrivées sans équipement de protection individuelle et sont entrées dans leurs maisons en groupe de huit, sans garder de distance entre elles.

Sources : Magazine israélien d’opposition 972+ et Electonic Intifada

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