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Pays Basque : Non à la collaboration avec le tramway colonial israélien !

vendredi 13 décembre 2019

Au Pays Basque, la solidarité s’exprime plus fort que jamais pour exiger le retrait d’une entreprise locale du projet de tramway de l’apartheid israélien.


Des employés, des élus locaux et des membres de la société civile du Pays Basque espagnol travaillent de concert afin de demander le retrait de la compagnie locale CAF du projet d’extension du tramway colonial israélien, dont le parcours doit se prolonger dans Jérusalem Est occupée.

Ce projet contrevient au droit international en ceci qu’il solidifie la mainmise de l’occupant sur des terres palestiniennes. En y participant, CAF encourage la violation des Droits de l’Homme dont sont victimes les Palestiniens, comme l’explique Alys Samsom Estapé pour Electronic Intifada.

Au mois d’août, un consortium alliant la compagnie basque CAF et la société israélienne Saphir a été choisi par le ministre du budget afin de développer le projet de tramway à destination des colonies, appelé Jerusalem Light Rail.

Ce consortium a remporté un contrat de deux milliards de dollar visant à relier de nombreuses colonies illégales aux lignes de tramway déjà existantes et notamment à Jérusalem/Al Quds ouest, qui fait officiellement partie d’Israël, contrairement à la partie est de la ville, dont l’occupation est illégale au regard du droit international.

Dans un premier temps, des entreprises comme Alstom, Siemens, Systra, Bombardier et Macquarie étaient en lice pour décrocher le juteux contrat avant de se retirer de la course.

Pour Globes, publication israélienne centrée sur le business, si les entreprises ne se sont pas retirées officiellement pour raisons politiques, c’est bien à cause du statut particulier de Jérusalem/Al Quds qu’elles l’ont fait.

Des voix s’élèvent contre ce projet au sein même de l’entreprise basque. Une organisation d’employés au siège de la compagnie à Beasain a renouvelé en octobre un appel déjà lancé au mois de janvier et demandant à CAF de se retirer. Ces employés dénoncent la volonté israélienne de légitimer par là l’occupation illégale des territoires palestiniens.

Deux syndicats basés à Zaragoza, le Groupe Indépendant et la CGT, ont également appelé l’entreprise à renoncer au contrat. Ils sont tous les deux situés dans l’usine même en charge de produire le matériel nécessaire à la construction de ces nouvelles lignes de tramway, ce qu’ils dénoncent comme un affront fait au peuple palestinien.

Le conseil des employés au siège de la CAF a à nouveau fait entendre sa voix à l’occasion de la journée de solidarité internationale avec le peuple palestinien, le 29 novembre dernier. La même semaine, c’est le conseil municipal de Beasain qui a voté à l’unanimité une motion de solidarité avec le peuple palestinien.

Le 29 novembre toujours, deux maires du pays Basque ont appelé CAF à se désengager. Leurs villages, Zestoa et Arbizu, sont respectivement jumelés avec Marda, qui se trouve au sud de Nablus, et Birzeit, également située dans les territoires occupés.

De nombreux évènements au sujet de la Palestine ont régulièrement lieu au Pays Basque espagnol "Il y a une solidarité naturelle entre nos deux peuples, en raison de notre expérience commune de lutte pour notre liberté et nos droits" déclare Xabier Aguirregabiria, de l’association Solepaz, qui milite pour le droit des Palestiniens. "Ici la société civile, les politiciens et les syndicats travaillent de concert pour demander à ce que CAF se retire de ce projet colonial israélien".

Sa participation tant illégale qu’immorale risque d’entraîner des pertes financières. En effet, l’entreprise française Veolia a été contrainte de se retirer du même projet en 2015 après avoir perdu des millions d’euros de contrats (non obtenus ou non renouvelés), suite à la campagne du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions.

"Il est temps pour CAF d’entendre l’appel de ses propres employés et des sociétés civiles basques comme palestiniennes et de se placer du bon côté de l’Histoire en abandonnant ce projet illégal", conclut l’auteur.

(Traduit par Sarah V. pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Electronic Intifada

CAPJPO-EuroPalestine

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