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Violences des colons : un rapport accablant de l’ONG B’Tselem

dimanche 26 avril 2020

La violence des colons, protégés et encouragés par l’armée, contre les Palestiniens de Cisjordanie a redoublé depuis le début de l’épidémie de Covid-19, selon un rapport établi par l’ONG israélienne anti-occupation B’Tselem.


(Vendredi 24 avril : Hamed Saleh Jazi, du village d’As-Sawiya près de Naplouse, constate l’arrachage de plusieurs dizaines de ses arbres)

Les attaques se sont généralisées, visant les maisons, l’incendie des voitures, l’arrachage d’oliviers et autres cultures, sans épargner le bétail, détaille l’association.

Ces agressions ont lieu en dépit des mesures de confinement édictées par le gouvernement israélien -et l’Autorité Palestinienne- pour contenir l’épidémie, mais dont les colons se moquent ouvertement, en toute impunité.

« Au cours des trois premières semaines du mois d’avril, nous avons documenté 23 attaques de colons, soit une par jour, soit un rythme encore plus élevé qu’au mois de mars où elles étaient déjà nombreuses », écrit B’Tselem.

Porteurs d’armes à feu et de chiens d’attaque, et d’une panoplie de haches, barres de fer et pistolets à électrochocs, des dizaines de Palestiniens ont été blessés, dont plusieurs grièvement.

Se sont notamment distingués les voyous de « l’avant-poste » (colonie n’ayant pas encore reçu de statut officiel de la part du régime d’apartheid) de Havat Ma’on, au sud d’Hébron ; ainsi que ceux de la colonie de Shilo, qui ont visé les villages palestiniens de al-Mughayir, Turmusaya, Qaryut et Qusrah. B’Tselem pointe également les exactions des colons de Halamish, qui ont créé récemment un « avant-poste » supplémentaire.

L’agression des colons contre les bergers palestiniens de la Vallée du Jourdain est pour ainsi dire devenue quotidienne, à proximité des colonies de Rimonim et Kochav Hashahar.

“Le 16 avril dernier, Issa et Moussa Qatash, du camp de réfugiés d’al-Jalazoun, ont été attaqués par une bande alors qu’ils marchaient aux alentours du village de Jibya. Issa a eu une jambe fracture et deux dentés cassés. En outre, les bandits lui ont craché au visage, ce qui l’a obligé à se placer en isolement pendant plusieurs jours pour ne pas prendre le risque d’une éventuelle contamination de ses proches par le coronavirus ».


(colons + soldats : la recette pour un pogrom réussi)

« Nous sommes en présence d’une stratégie mise en œuvre conjointement par les colons et le gouvernement israélien pour interdire progressivement, jour après jour, mois après mois, année après année, aux Palestiniens d’accéder à leurs propres terres, et, au final, à les en déposséder complètement », rappelle l’organisation.

Les preuves de la collusion systématique entre colons et soldats sont plus qu’évidentes, selon un mode opératoire qui rappelle très exactement les pogroms contre les juifs dans l’empire russe au XIXème siècle : les attaques contre les domiciles sont perpétrées contre des civils, mais en présence de l’armée qui les laissent faire, et qui intervient contre les Palestiniens lorsque ceux-ci tentent de défendre leurs foyers. Surviennent alors tirs de gaz lacrymogènes et de balles recouvertes de caoutchouc contre les habitants, suivis d’arrestations.

CAPJPO-EuroPalestine

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